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Les producteurs de lait de chèvre attendent une hausse du prix de base

En 2025, la filière du lait de chèvre a perdu 2 % de ses producteurs.

Avec moins de producteurs en France et des voisins européens en perte de vitesse, la transformation manque de lait de chèvre. Un moment propice à l'installation et l'agrandissement... et à une revalorisation du prix.

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À la fin de novembre 2025, Agrial annonçait un plan caprin destiné à accompagner l'installation de 40 éleveurs de chèvre par an pendant dix ans. Avec l'objectif, à terme, de produire 35 millions de litres supplémentaires. Les laiteries manquent de lait et elles ont toutes lancé des campagnes de séduction auprès des candidats potentiels à la création ou l'agrandissement d'ateliers caprins. « Il y a beaucoup de départs à la retraite et pas assez de jeunes pour compenser », souligne Jean-Marc Ressegand, administrateur de Terra Lacta.

Vient s'ajouter la fièvre catarrhale ovine et deux années, 2023 et 2024, de fourrages médiocres. Après un recul de la collecte de 3,2 % en 2024, 2025 a démarré sur un schéma similaire. Puis, la production a repris au deuxième semestre grâce à de meilleurs fourrages. « On a enrayé la baisse de la collecte », observe Raphaël Guyet, directeur de la Fnec, « mais on a de moins en moins d'éleveurs. » En 2025, la filière a perdu 2 % de ses points de collecte.

Explosion des coûts

Les projections sur les prochaines années indiquent une progression de la consommation de fromage de chèvre de l'ordre de 0,5 à 1 % par an, moindre que celle des années 2000 et 2010 qui oscillait entre 1 et 3 %, mais en progression quand même. Portés par une demande soutenue du marché et des transformateurs, les éleveurs français semblent en position de force pour obtenir une revalorisation du prix du lait, qui n'a pas bougé depuis deux ans et s'établit en moyenne autour de 900 €/1000 l. Les syndicats ont déjà avancé leurs pions avec des demandes d'augmentation de 50 à 70 €/1000 l.

Ils étayent leurs revendications en rappelant l'explosion des coûts à laquelle ils ont dû faire face ces dernières années, notamment sur la construction des bâtiments et l'aménagement des salles de traite. « Pour les éleveurs qui sont en vitesse de croisière, ça passe », reconnaît Jean-Marc Ressegand. « Mais pour ceux qui s'installent, la demande de capitaux est énorme alors que les banques sont frileuses. »

À l'image d'Agrial, les laiteries ont toutes déjà consenti des efforts, avec des prix garantis sur les premières années de production, des prêts à taux zéro pour l'achat de chevrettes, des suivis technico-économiques renforcés... Mais de là à accorder 50 € de plus pour 1000 l, il y a un pas qu'elles ne franchissent pas, craignant que la grande distribution et le consommateur final refusent la revalorisation du prix des fromages qui en découlerait.

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